Une autre coupe, s’il vous plaît. (partie 2)
L’industrie videoludique française est assez morose. Si, aujourd’hui au niveau national, le chiffre d’affaires du jeu video a progressé de 58% lors du premier semestre 2007, si les ventes de plateformes PC et consoles ne cessent de progresser, les entreprises après avoir subi “l’éclatement de la bulle” des nouvelles technologies ont du mal à faire face aux gros mastodontes qui dominent le marché.
Comment faire concurrence à des grands bataillons de programmeurs et graphistes amateurs de pizza froide et d’heures supplémentaires ? Comment rivaliser face à des budgets colossaux dignes du cinéma ? Hé bien il ne le faut pas.
L’ère du web et de la mobilité a créé de nouvelles pratiques. Le jeu occasionnel (le casual game) se répand à travers le globe, répondant parfaitement au besoin de s’amuser dans de courts laps de temps, à la pause café au boulot, à la maison entre deux tâches, sur tous les environnements (PC, consoles portables et de salons, téléphones mobiles), il y en a pour tous les goûts, tous les âges, pour les femmes et les hommes.
Le “casual gaming” est un marché ouvert, où des conquêtes sont possibles. Les mastodontes que l’on essaie de contourner ont d’ailleurs développé leur branche “casual”, y a pas de petit profit…
Ce qu’on appelle communément “casual games” sont des jeux peu chers téléchargeables depuis de portails dédiés et FAI. Il y a de tout mais surtout du semblable partout : 20 animaux virtuels (à part “Le Monde des Ronrons” qui est vraiment chouette, oui c’est fait par un copain et alors ?
), 50 Mah Jong, 100 Réussites, 200 quêtes de diamants.
J’exagère à peine bien qu’il existe quand même de beaux produits bien réalisés. Reprendre un principe de jeu connu est louable si le travail est vraiment soigné.
1er point donc : on est petit, on va faire petit… mais pas minable !
En effet, il faut pouvoir faire des projets beaux, fun, qui présentent une particularité que n’ont pas les concurrents sur ce marché de jeux. Le train à prendre est le multijoueur car le jeu video a de plus en plus une fonction sociale et que la demande y est forte. Ce sera de la 3D car les machines le peuvent et qu’elles permettent une meilleure immersion.
Ce créneau demande compétence, bons outils et donc de l’argent car les produits sont à créer. Ce sont des oeuvres de l’esprit. Il faut donc surtout financer le fonds de roulement. C’est ce qui fait fuir un banquier qui préfère du concret pour sécuriser ses emprunts. Si en plus vous n’avez rien en poche comme garantie, c’est la guerre de tranchées.
2ème point : convaincre un banquier.
Je ne raconterai pas toutes les personnes que j’ai vu, les banquiers qui m’ont dit non, les organismes publics ou semi-publics d’aide à la création d’entreprise qui m’ont dit non parce que ne cadrait pas telle ou telle partie du projet. Certains me demandaient l’accord d’un banquier pendant que les banquiers me demandaient l’accord des premiers.
Personne ne vous attend et c’est normal. Il faut faire preuve de patience, de self-contrôle et transformer les raisons des “non” en leçon pour peaufiner son plan. Par contre, si on a bien travaillé et que le business plan est réaliste, il ne faut pas dévier de sa route, plutôt bien le consolider sinon c’est encore moins rassurant pour un investisseur.
Attention ce n’est pas pour briller ce que je vais dire ce qui suit mais plus pour conseiller ceux qui montent leur projet car c’est, à mon avis, la démarche qu’il faut avoir. Un banquier que j’ai souvent sollicité me disait qu’il aimait ma ténacité et mon self-contrôle. J’ai dû voir cette personne 5 fois pour demander le financement. Je savais que la réponse serait invariablement négative car sa banque est hyper-hiérarchisée (comme toutes) et qu’il n’avait aucune marge de manoeuvre. Ca me permettait d’éprouver mon dossier qui s’étoffait de jour en jour.
Je ne regrette pas tous les refus car ils m’ont permis d’aller vraiment au bout de ma réflexion. En finalité, décrocher un financement c’est avant tout une affaire de personne. Un jour, votre discours est bien rodé, vous connaissez les moindres recoins de votre projet, vous avez les réponses aux questions qu’on est en droit de se poser lorsqu’on prête de l’argent, et vous rencontrez la personne qui comprend votre vision et vous appuie.
Qu’est-ce qui a fait qu’un type ait cru en Gamepulp ?
J’aurais le plaisir de vous en faire part dans un troisième article.
A bientôt !



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