Le gratuit est-il gratuit ?
Fight Pong approche petit à petit de la fin de son développement. Comme arrive bientôt le moment de sa commercialisation, certaines questions me taraudent. C’est notamment un article de Dereck sur le Blog Chamboultout qui a commencé à me titilller.
Mais pas seulement : récemment, Ubi Soft s’est essayé, grandeur nature, au gratuit en échange de publicité mis dans 3 de ses “anciens” jeux : Rayman, Prince of Persia et Far Cry.
Il ne faut pas se leurrer, cela veut dire que ce géant s’essaie à un nouveau modèle économique car je ne crois pas qu’ils créeraient eux-mêmes un manque à gagner avec des joueurs qui auront juste la patience d’attendre un peu qu’un soft devienne gratuit.
Les petits indépendants auront du fil à retordre car il est à supposer que si Ubi Soft se jette à l’eau, ses concurrents directs ne tarderont pas à suivre.
Que deviendront alors les petits softs face à des hits ? Les petits studios seront condamnés eux aussi à être des courtiers d’espaces publicitaires ?
La question de la publicité pose un certains nombre de problèmes :
- Devant qui seront responsables les développeurs lorsque des jeux n’offriront pas une qualité suffisante ? L’annonceur ou le joueur ?
- En considérant les jeux comme espace de vente de “temps de cerveaux disponibles”, est-ce encore à voir avec la ludicité, le jeu pour le jeu, histoire de s’astreindre quelques instants des lourdeurs de nos vies sociales ? Est-ce que le joueur n’a pas le droit à un peu de repos dans des sociétés où on le tiraille déjà de partout pour consommer ?
Le gratuit se révèle alors comme une autre forme de paiement de notre personne car il pousse à baisser notre vigilance et nos exigences pour finalement proposer des produits formatés et tout juste différents les uns des autres dans la forme pour simuler des différences de fond.
En même temps c’est une vague de fond chez les consommateurs que nous sommes. Nous ne voyons pas de raison de payer d’emblée pour un produit qui risque de ne pas nous satisfaire. J’en veux pour preuve l’apparition de P2P où le film et la musique sont consommés, digérés et c’est parce qu’ils sont appréciés qu’ils sont ensuite achetés. Le monde a changé son rapport à la culture car la culture est devenu aussi un marché de produits (bon je ne vais pas rentrer dans le débat culture/produits culturels aujourd’hui).
Alors, vendre des jeux ou des joueurs ?
La réponse est peut-être bien dans l’analyse de Dave Perry cité dans l’article de Chamboultout : ne pas agresser les joueurs avec la pub, bien qu’elle soit légitime en échange du gratuit.
Ce sujet fera assurément l’objet de l’article suivant car nous tentons de définir un modèle économique viable entre le payant et le gratuit.



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